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dossier des retraites : 3 questions à Jacqueline André Imprimer Envoyer
Vendredi, 11 Décembre 2009 10:49

Jacqueline André  On se souvient qu’au cours des derniers mois, les retraités de l’archipel s’étaient fortement mobilisés pour réclamer une revalorisation de leurs pensions de retraite de base.

Le 20 octobre, le conseil d’administration de la CPS avait émis un avis favorable pour une revalorisation de 6.32 % des pensions relevant de son  régime d’assurance vieillesse, avec effet au 1er juillet 2009.

Cette demande vient de recevoir, localement, l’aval des services de l’Etat et le dossier a été transmis aux ministères concernés qui doivent  l’étudier avant de prendre l’arrêté interministériel qui étendra cette nouvelle augmentation a déclaré la présidente de la CPS Mme Jacqueline André, lors de son interview au Journal Télévisé du 9 décembre 2009.  Nous avons souhaité lui poser 3 questions pour faire un point complet sur ce dossier 

 

 

Question : Il semblerait que des évolutions importantes se soient produites au cours des derniers semaines . Où en est-on aujourd’hui en ce qui concerne la question de la revalorisation des retraites ? 

Jacqueline André : Il faut savoir qu’en métropole, les pensions de retraite sont revalorisées annuellement en fonction de l’évolution des prix. A Saint Pierre et Miquelon, la loi de 1987 stipule qu’elles « sont revalorisées automatiquement du même taux et à la même date que dans le régime général de sécurité sociale ». C’est de là que vient le problème car le niveau des prix est très différent chez nous ! Année après année on assiste donc à une dégradation du pouvoir d’achat des retraités.La loi prévoit cependant une clause de sauvegarde, si on constate un décrochage trop important. Dans cette situation, une revalorisation supplémentaire est décidée par un arrêté pris conjointement par les ministres chargés de la sécurité sociale, du budget et de l’outre mer, après consultation du conseil d’administration de la CPS.Le 21 octobre 2009, le conseil d’administration de la CPS avait émis un avis favorable pour une majoration de 6.32 %. Les services de la préfecture viennent de donner leur avis favorable ; l’avis du conseil d’administration de la CPS a donc été transmis au directeur général de la Sécurité Sociale.Il convient maintenant que les parlementaires se saisissent du dossier pour le faire avancer le plus rapidement possible. 

 

 Question : C’est une procédure très lourde ! Comment peut-on avancer à l’avenir sur ce dossier ? Les retraités vont-ils devoir descendre tous les ans dans la rue ? 

Jacqueline André : L’idée à laquelle on pense immédiatement serait de faire modifier la loi pour qu’une revalorisation annuelle et automatique soit déterminée en fonction de l’évolution de l’indice des prix sur l’archipel et non de l’indice des prix métropolitain.Cette proposition qui semble « de bon sens » pourrait toutefois être difficile à obtenir pour des questions de procédure. De plus cette revendication nécessaire resterait malheureusement insuffisante pour faire face aux difficultés quotidiennes des nombreux retraités qui ne touchent que le minimum vieillesse et qui doivent « piocher dans leurs économies » pour assurer leur quotidien.C’est pourquoi, indépendamment de cette « piste », la CPS souhaite travailler sur le long terme avec les services du ministère chargé de la sécurité sociale, afin de rebâtir un nouveau texte de loi adapté à nos spécificités. Par ailleurs, nous travaillons sur la question du « reste à vivre » pour mettre en œuvre des mécanismes permettant de compenser, par le biais de l’action sociale l’insuffisance de certaines pensions. 

 

Question : Et les pensionnés de l’ENIM dans tout cela ? 

Jacqueline André : La CPS n’est pas compétente sur la question des pensions de l’ENIM qu’elle ne gère pas. Le régime de l’ENIM, qui regroupe 365 pensionnés à Saint Pierre et Miquelon, a la particularité d’être à la fois un régime de base et un régime complémentaire. Il est régi par des règles nationales. Une revalorisation automatique « spécifique » à Saint Pierre et Miquelon est légitime.Les difficultés des pensionnés de l’ENIM sont d’autant plus importantes qu’ils ne bénéficient pas d’une action sociale aussi avantageuse que celle servie aux retraités de la CPS. Il serait plus que souhaitable que l’ENIM puisse aligner ses aides en matières d’action sociale sur celles de la CPS.