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Touche pas à mes heures supp ! Imprimer Envoyer
Dimanche, 08 Janvier 2012 21:32

Touche pas à mes heures supp !Depuis quelques jours « l’affaire » des heures supplémentaires des ouvriers du BTP fait la une de l’actualité locale.

En dépit du titre (volontairement) un peu provocateur de cet article, nous n’avons nullement la volonté d’intervenir dans un litige entre l’administration et des contribuables et de prendre part pour l’une des parties.

Nous souhaitons par contre replacer ce débat dans un cadre plus global. En effet, ce sujet strictement « local » relatif à l’exonération des heures supplémentaires soulève aussi des questions de politique nationale. Il pose aussi des questions plus générales, relatives à l’action de l’administration.

Rappelons que l’exonération d’impôt et de cotisations sociales (on l’oublie trop souvent) des heures supplémentaires est issue de la fameuse « Loi TEPA ». C’était l’une des mesures phares annoncées par Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle de 2007 (le fameux « travailler plus pour gagner plus »). Cette mesure avait pour but d’abaisser le coût du travail pour les entreprises tout en augmentant le pouvoir d’achat des ouvriers puisque non seulement les heures supplémentaires sont exonérées d’impôts mais aussi parce qu’elles coûtent moins cher aux employeurs.

A l’époque, les élus de l’archipel étaient unanimement favorables à son application locale. La député était intervenue à l’Assemblée Nationale pour l’application du volet social et les élus du Conseil Territorial avaient tous voté une délibération pour ajouter au Code Local des Impôts l’exonération d’impôt sur le revenu.

Aujourd’hui la Gauche en a fait un de ses chevaux de bataille : l’exonération des heures supplémentaires est présentée comme l’une des causes principales du chômage et des déficits publics…. Le dernier tract du PS chiffre à 18 milliards d’euros le coût de la « mesure absurde sur les heures supplémentaire », qui est présentées comme une « subvention du chômage ». Lors de la dernière séance de questions au gouvernement, fin décembre 2011, Annick Girardin était d’ailleurs intervenue au nom de son groupe pour la dénoncer (alors qu’en 2007, lors du vote, elle avait rappelons le, défendu cette mesure).

Si demain François Hollande est élu, la suppression générale de l’exonération des heures supplémentaires sera l’une des premières mesures prises par le nouveau gouvernement.

Les socialistes et leurs alliés défendent le vieux dogme du partage du travail (« travailler moins pour travailler tous ») qui est une absurdité : le travail ne se partage pas. Prétendre cela c’est ne rien comprendre aux réalités économiques, c’est une vision purement théorique d’intellectuels bobos.

Ce qui crée du travail ce n’est pas le partage des emplois existants mais la création de richesses nouvelles.

C’est ici que, pour que les choses soient parlantes,  on doit revenir à l’archipel : en ayant des coûts salariaux moins élevés, les entreprises peuvent aussi faire de meilleurs prix pour répondre aux marchés publics, les collectivités locales peuvent aussi profiter d’offres moins chères et les ouvriers peuvent plus facilement choisir de travailler davantage, parce qu’ils savent qu’ils sont aussi bénéficiaires.

À l’UMP nous sommes donc fortement attachés au maintien de l’exonération des heures supplémentaires, en métropole comme dans l’archipel. Car si effectivement la mesure a eu  un coût, elle a aussi signifié 22,67 milliards d’euros de pouvoir d’achat pour 9 millions de salariés.

Nous posons donc aujourd’hui une question : si demain la gauche arrive au pouvoir (ce que nous ne souhaitons bien sûr pas !) et si le parlement supprime en métropole l’exonération des heures supplémentaires (comme la gauche l’a promis) que feront nos élus de gauche de Saint Pierre et Miquelon ? Voteront-ils avec leurs partis à l’Assemblée Nationale et au Sénat ? demanderont-ils au Conseil Territorial d’abroger le texte voté en 2007 ? et de rendre ainsi la totalité des HS imposables ? Si aujourd’hui un litige, qui ne porte que sur un dépassement, se chiffre à quelques milliers d’euros pour les ouvriers, à combien s’élèvera-t-il demain ???


Et c’est ici qu’il nous faut finalement dire quelques mots de ce litige. Le texte adopté en 2007 avait alors été une simple transposition des dispositions adoptées en métropole. Les élus (unanimes, rappelons le) avaient simplement souhaité faire bénéficier de manière identique les contribuables Saint Pierrais et Miquelonnais d’avantage existants en France. A aucun moment la question du bien fondé du plafonnement n’avait été (à notre connaissance) soulevée... On peut en effet imaginer que l’assemblée territoriale ait adopté des dispositions plus ou moins favorables qu’en France (elle en avait le pouvoir).

Dans ce contexte, si le texte voté soulevait localement des difficultés d’application, l’administration fiscale n’a-t-elle pas manqué un peu à son rôle de conseil en n’alertant pas sur celles-ci ? Si l’on reprend les mêmes proportions que localement, imagine-t-on par exemple que l’administration nationale décide de redresser des millions de contribuables sans que le ministre en soit alerté ?

On comprend bien, en voyant les reportages, qu’il s’agit d’erreurs commises en toute bonne foi par les salariés et leurs entreprises. N’aurait-on pas pu imaginer une phase d’information ou de prévention avant de commencer à sanctionner ?  Après tout, les gendarmes procèdent ainsi dans leurs campagnes...

 

Commentaires  

 
+3 # denosthène 2012-01-09 10:26 là encore comme dans d'autres dossiers récents on peut s'interroger sur le rétroactif de certaines décisions dommageables à l'économie locale.Le manque de conseil ou d'alerte aux entreprises et contribuables est flagrant.
l'insécurité fiscale semble devenir la règle.L'insécurité des investissements aussi!!! comment faire pour relancer l'économie dans ce contexte??qui est vraiment le maître de la fiscalité??l'arrivée récente d'un nouveau contrôleur fiscal est-elle fortuite??? une réforme fiscale de grande ampleur serait probablement utile.
le changement de méthode de l'administration aussi ça évitera les grands messes près de l'église…pour faire entrer l'économie locale dans des carcans difficiles à appliquer ici et surtout contre producitfs on n'a vraiment pas besoin de cela dans le contexte de marasme actuel. gouverner c'est prévoir dit-on???
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+5 # dubitative... 2012-01-09 21:54 que ce soit un débat national issu de la politique du Gouvernement j'veux bien, quoi que le CT dispose de l'entière maitrise de sa fiscalité !
par contre tenter de nous faire croire qu'avec cette mesure les entreprises répondront aux marchés publics à moindre coût c'est tenter de nous faire croire au père noël !
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+4 # Demosthène 2012-01-10 16:30 sans croire au père noël on verra bien ce que fera le conseil territorial mais cela sent le Ponce Pilate en matière fiscale!!
Il m'étonne que l'autorité locale fiscale n'ait pas été informée de ce redressement comme des autres avant action.De quoi se créer une opposition durable!!on peut comprendre la position sans état d'âme de l'administration( qui n'a pas a en avoir quoique!!) en revanche celle du politique local reste plus surprenante pour des salariés qui a notre connaissance ne sont pas au même niveau que Liliane Bétencourt ( ça se saurait) et dont le pouvoir d'achat reste limité..travailler plus pour …ah bon???? il y a de la distance entre les déclarations d'intention et la réalité du terrain.
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+3 # Service ? Fiscaux 2012-01-16 15:48 En avril 2010 suite à la demande d’un contrôleur des impôts, un employeur a fait parvenir un rectificatif des sommes à déclarer en 2009. L’honnête contribuable s’est déplacé à la Direction des services fiscaux pour faire modifier son calcul d’impôt à la hausse car il y aurait eu trop d’heures supplémentaires exonérées de déclarées. En aucun cas, le fonctionnaire n’a proposé aux personnes concernées de revoir leur imposition pour 2008.
Pas d’information sur les heures supplémentaires sur le site internet des impôts non plus.
Dans l’archipel, il y a deux fois plus de déclarations faites par internet qu’en métropole.
Le site cheznoo.net qui est largement consulté par la population est un moyen formidable d’information, rien non plus sur le sujet concerné.
Les services fiscaux ne sont ils pas une administration moderne ? En avril 2010, ils sont au courant d’un problème concernant une partie de la population et il faut attendre Noël 2011 pour que le couperet tombe, à quelques jours de la prescription de l’année 2008. Résultat, certains se retrouveront en difficultés financières suite aux 3 années de redressement. N’y a-t-il pas un dysfonctionneme nt administratif ? Le service public a devoir d’information, le service que l’on peut attendre n’a pas été rendu, service non fait. Un an et demi sans réaction !!! On laisse pourrir la situation telle une grande muette. N’y a-t-il pas faute ? Des explications de Mme la Directrice me semble le minimum requis.
D’une part, il y a-t-il eu hésitation à envoyer les redressements fiscaux ? Tiennent-ils vraiment la route ? Je ne peux que conseiller nos amis du BTP qui ne travaillent pas forcement l’année complète et font beaucoup d’heures à la belle saison de prendre un avocat. Il se fera un plaisir de remettre les choses en ordre.
D’autre part, est ce que les sacrosaintes statistiques administratives ont poussé certains à gâcher les fêtes d’autres ? Il est vrai aussi que quand on travaille 35 h par semaine, il convient de disposer d’une ouverture d’esprit suffisante. Sinon, impossible d’imaginer que l’on puisse effectuer 220 h supplémentaire en une seule année (ou 225 h avec le cadeau stoïque et de grande bonté de Mme la directrice). 300 h voir 400 h deviennent alors des phénomènes paranormaux. Tout cet argent gagné en travaillant plus, ce ne peut être que des salariés … privilégiés … à surveiller de près.
Enfin, après le minimum légal de 2 ans de présence, quoi de mieux que de rentrer en métropole en se faisant mousser, plein de gloire et de primes. Vive les colonies !!!
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