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Devoir de mémoire Imprimer Envoyer
Dimanche, 20 Novembre 2011 17:21

Union pour un Mouvement PopulaireRécemment le Président de la République a souhaité qu’une loi soit votée pour que le 11 novembre devienne le «  jour du souvenir », pour tous les soldats français morts dans toutes les guerres.

Ceci nous concerne bien évidemment nous aussi, car de nombreux Saint-Pierrais et Miquelonnais sont tombés pour la France, particulièrement lors des deux conflits mondiaux. Si nous sommes tout à fait favorables à les associer dans une même commémoration, il paraît utile aujourd’hui de faire un devoir de mémoire et de rappeler ce que fut la première guerre mondiale. Ce conflit est aujourd’hui moins évoqué – car moins présent dans les mémoires – mais il marqua profondément la France, y compris l’archipel.

La « guerre de 14 », on l’oublie souvent, fut pour notre pays nettement plus meurtrière que la deuxième. Il faut se rappeler les hécatombes de Verdun (où plus de 530 000 soldats français sont tombés), de la Somme où du Chemin des Dames. Il n’est pas une commune de France qui ne possède son monument aux morts et Saint Pierre, Miquelon et… l’île aux marins n’y font pas exception.
On imagine mal, aujourd’hui, le traumatisme que pouvait causer à de petites communautés comme les nôtres (à l’époque presque coupées du monde, sans télé et sans radio), l’arrivée d’un « facteur » apportant aux familles les petits billets si redoutés leur annonçant la mort d’un proche à des milliers de kilomètres de chez elles…

Au total, ce sont  64 soldats de l’archipel qui périrent au cours de ce conflit et 40 qui furent blessés. Par ailleurs, 56 furent l’objet de citations.

Au cours de « l’été 14 », la mobilisation générale est décrétée à Saint Pierre et Miquelon en pleine campagne de pêche à la morue ; de nombreuses familles qui dépendaient pour survivre du travail du père se trouvent plongées dans de grandes difficultés voire dans l’incapacité d’honorer leurs comptes chez les commerçants.
Le 13 février 1915, les 366 mobilisés seront embarqués à bord du paquebot « Chicago », en provenance de New York, dérouté sur Saint Pierre pour l’occasion…
A peine débarqués en Europe, les Saint Pierrais et Miquelonnais sont lancés dans les combats de Champagne. Le 27 février 1915, Paul Daygand, soldat au 51ème régiment d’infanterie, est le premier Saint Pierrais à tomber au champ d’honneur.
Il faudra plusieurs mois à l’état major français pour comprendre que quelques centaines de fantassins de plus ou de moins ne changent pas grand-chose au sort des immenses batailles de 1915 et 1916 mais que, par contre, quelques centaines de marins expérimentés peuvent être utiles à notre flotte. Par la suite, de nombreux Saint Pierrais et Miquelonnais combattront sur mer.

Chez nos voisins de Terre Neuve, également, la première guerre mondiale fut synonyme d’hécatombe : plus de 700 soldats du Royal Newfoundland Regiment (le commandement anglais avait pour pratique de rassembler les soldats originaires d’une province au sein d’une même unité) perdirent la vie, notamment au cours de la terrible offensive de la Somme en juillet 1916 qui vit la mort de 158 000 anglais et de 103 000 français. Comme chez nous, de nombreuses communautés de Terre Neuve possèdent un monument aux morts où sont inscrits leurs noms.