|
Le Sénat vient de voter une proposition de loi accordant le droit de vote et d’éligibilité aux étrangers non communautaires c'est-à-dire non citoyens d’un pays de l’Union Européenne, résidant en France depuis plus de 5 ans. Madame Karine Claireaux, sénateur socialiste de Saint Pierre a voté ce texte et elle s’en est félicitée dans le journal télévisé de samedi soir. Selon elle « rien de plus normal » que d’accorder le droit de vote à des étrangers, qui résident en France depuis plusieurs dizaines d’années...
Pour sa part le gouvernement n’était pas favorable à ce texte et le premier ministre François Fillon est venu s’en expliquer devant les sénateurs. Il ne s’agit nullement de mépris à l’égard des résidents étrangers, voire de xénophobie comme certains on pu le prétendre. Pour s’en convaincre, il suffit de se reporter au discours mesuré et rassembleur qu’a prononcé François Fillon. http://www.blog-fillon.com/article-fran-ois-fillon-la-citoyennete-fran-aise-est-une-et-indivisible-91794964.html
Pour l’UMP, il s’agit d’une question de principe, qui touche à l’essence même de l’exercice la citoyenneté et non d’une volonté d’exclusion. Etre citoyen d’un grand pays démocratique, c’est avant tout un statut auquel sont attachés des droits et des devoirs particuliers. Parmi ces droits, l’un des plus importants est sans nul doute celui de pouvoir élire ses gouvernants. Considérer que le droit de vote peut être donné à des résidents étrangers revient donc à vider la citoyenneté d’une partie de son contenu. Il revient aussi à permettre à personnes n’ayant pas la nationalité française de participer à l’exercice du pouvoir. On rétorquera qu’il ne s’agit que des élections municipales (et donc de la gestion des affaires locales) et que les élections nationales (présidentielles, législatives) ne sont pas concernées. C’est en partie inexact. En votant lors des élections municipales et en pouvant se faire élire conseillers municipaux, les résidents étrangers pourraient indirectement influer sur l’élection du Sénat (même si le texte adopté par le Sénat prévoit qu’ils ne pourraient pas être désignés comme grands électeurs). Sans aller jusque là, dans certaines communes où les communautés étrangères sont particulièrement nombreuses, donner le droit de vote aux étrangers peut aboutir à déstabiliser les majorités politiques locales. Le sénateur UMP de Mayotte a ainsi rappelé que, dans son département, il y avait près de 40 % d’étrangers. Madame Claireaux aurait-elle eu la même position s’il y avait 40 % de résidents canadiens à Saint Pierre et Miquelon ? Aurait-elle souhaité qu’ils puissent voter (et se présenter) aux élections municipales ? Rappelons que si ce projet de loi était appliqué, il concernait 1.8 millions de personnes. Quant à l’argument souvent invoqué de la durée de résidence (5 ans d’après le texte), pour justifier le droit de vote, il apparaît un peu factice: chaque année plus de 130 000 personnes d’origine étrangère font la démarche de demander la nationalité française. Si d’autres, qui résident en France depuis de « nombreuses années », préfèrent ne pas le faire, c’est leur choix et il est respectable mais, dans ce cas, pourquoi vouloir leur accorder les mêmes droits ???? Rappelons enfin que les étrangers membres de pays de l’Union Européenne bénéficient déjà du droit de vote aux élections locales (sous réserve de l’existence du même droit pour les citoyens français qui résident dans leur pays). Cette décision s’inscrit dans le souhait de faire émerger une véritable citoyenneté européenne. Il n’y a rien de comparable avec ce qui est proposé aujourd’hui puisque la question de la « réciprocité » n’est même pas envisagée... Mais, plus fondamentalement, de quoi parle-t-on VRAIMENT ? Les déclarations humanistes et bienveillantes des leaders socialistes sont-elles vraiment si désintéressées ? Y avait-il urgence pour le Sénat à adopter cette proposition de loi ? Le vote des étrangers non communautaires était-il vraiment « le sujet du moment » ? En ces temps de crise mondiale, l’opposition de gauche ne serait-elle pas mieux inspirée de se rapprocher du gouvernement, pour l’appuyer lors des négociations internationales, au lieu de miser ouvertement sur un échec de Nicolas Sarkozy ? Le Sénat n’aurait-il pas mieux joué son rôle en faisant des propositions allant dans le sens d’un assainissement de nos finances publiques et du retour à l’équilibre budgétaire ? Poser la question en ces termes, c’est presque y répondre : Non, il n’y avait aucune urgence à faire voter ce texte (il n’y aura pas d’élections municipales en 2012). Ce texte n’a d’ailleurs aucune chance d’entrer en vigueur à court terme puisque l’Assemblée Nationale va devoir le voter et qu’il devrait être ensuite soumis à référendum par le Président de la République... Alors pourquoi ouvrir ce débat AUJOURD’HUI, alors que l’opinion publique française est très divisée sur le sujet (selon un sondage IFOP qui paraît le 11 décembre dans « Sud Ouest Dimanche », si 55 % des français se disent favorables au droit de vote des étrangers résidant depuis plus de 5 ans en France, 52% sont par contre opposés à leur éligibilité) ? N’est ce pas pour empoisonner un peu plus le débat politique, provoquer une réaction xénophobe chez certains et favoriser au final….le Front National ? Certains dirigeants socialistes ne cachent pas qu’ils le souhaiteraient la montée du vote FN, afin que Marine Le Pen soit présente au second tour de la présidentielle... Et puis, mettre artificiellement ce sujet au cœur des débats permet aussi de faire oublier les succès remportés par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel pour défendre l’Europe... A moins que cela ne s’inscrive aussi dans uns stratégie du PS visant à miser sur un nouvel électorat étranger, pour reconquérir une audience largement perdue dans les milieux populaires (voir en ce sens le rapport de la très sérieuse Fondation Terra Nova intitulé « Gauche quelle majorité électorale pour 2012 » ? Lors de son élection à la présidence de la Haute Assemblée, le socialiste Jean Pierre Bel avait déclaré que le Sénat ne devait pas devenir une sorte de « bastion de résistance socialiste » mais qu’il devait jouer un rôle positif dans le débat démocratique. Aujourd’hui, les sénateurs socialistes viennent de démontrer l’inverse. |
Commentaires
On peut débattre c'est utile mais ne pas oublier la longue tradition humaniste de la France qui a fait la force de ce pays en sachant agréer les arrivants dans un projet quoi de mieux que de donner une participation locale aux non européens dans certaines conditions?
Sans être socialiste on peut d'inquiéter de la mise en exergue des "immigrés"cela devrait être un non événement.La générosité s'assume ou pas…ce n"est pas un sujet de débat mais une question de valeurs et la tour d'ivoire des pays riches dans un monde en crise ressemble de plus en plus au trou de l'autruche. Reply | Citer | Citer
L'interrogation du gouvernement est "Si ces gens vivent en France, travaille en France, et veulent s'investir dans la vie citoyenne française, pourquoi ne demandent-ils pas à devenir citoyens français ?".
La question est juste. Ils pourraient même voter au national…
Si certains ont les avantages de la citoyenneté française sans en avoir les inconvénients, est-ce juste pour ceux qui possèdent cette citoyenneté ?
Et c'est bien là toute la substance de ce débat : que va bien pouvoir valoir la citoyenneté française si une telle loi venait à entrer en vigueur ? Reply | Citer | Citer
"…les résidents étrangers pourraient indirectement influer sur l’élection du Sénat (même si le texte adopté par le Sénat prévoit qu’ils ne pourraient pas être désignés comme grands électeurs)."
Non ils ne pourront pas, le texte est clair, alors cessez de faire croire qu'ils "pourraient". J'appelle ça du mensonge.
Pour conclure, je vous renvoie à la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 durant laquelle ce dernier déclarait à plusieurs reprises être favorable au vote des étrangers aux élections locales. Vous devriez être heureux de voir le Sénat soutenir les propos du président de la République non ?
Et si jamais vous êtes contre cette proposition de loi, donc contre l'avis de Nicolas Sarkozy, pourquoi ne pas voter de Villepin à la prochaine présidentielle ? Reply | Citer | Citer
La situation est complètement différente dans ce cas puisqu'il ne s'agit pas d'amoindrir la citoyenneté français, mais de l'élargir à l'Europe dans sa globalité. Le PS en mettant le problème sur le devant de la scène a tronqué l'information pour créer la polémique.
Si c'était pour une autre raison que celle-là, pourquoi avoir proposer ce texte plutôt que d'essayer d'assouplir les conditions et formalités d'accès à la citoyenneté française ? Les socialistes ne veulent pas non plus du texte qu'ils ont proposé et savent parfaitement qu'il ne passera pas à l'Assemblée nationale. Reply | Citer | Citer
peut-être des leçons de tolérance à donner!
ne pas tomber dans les travers d'une opinion nationale dévoyée c'est peut être une idée locale qui mérite d'être soulignée. Reply | Citer | Citer
-fonction non imposable (1420.03 € mensuel)
-frais de mandat (6240.18 € brut mensuel)
-accès gratuit au réseau SNCF 1ère classe
-forfait global de communications téléphoniques
-prime de chauffage 4035 € par an en 2011 pour 1500 € en 2000, et INDEXEE SUR LES COURS DU PETROLE !
Des problèmes de chauffage au Palais du Luxembourg ? Que nenni ! L'accumulation de ce genre de prime permet aux fonctionnaires du Sénat d'être payés 3 fois plus cher que ceux de l'Etat.
En supprimant la prime de chauffage, l'Etat économiserait environ 3.4 millions d'euros par an.
Nos sénateurs sont-ils prêts à voter pour ? Reply | Citer | Citer
Flux RSS pour les commentaires de ce poste.