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Le 15 août dernier, à Caraquet, le Président de la République a prononcé un important discours à l'occasion du Congrès Mondial Acadien.
Ce "message au Peuple acadien", prononcé devant un grand nombre de personnalités, dont plusieurs de l'archipel, comme le sénateur Denis Detcheverry, rappelle l'amitié indéfectible qui unit la France et l'Acadie et il salue également l'engagement de Françoise Enguehard au sein de la Société Nationale de l'Acadie.
Il nous a semblé intéressant de le publier intégralement sur notre site.
Au moment où se réunit au Nouveau Brunswick le Congrès Mondial Acadien, pour la quatrième fois depuis sa création depuis 1994, je voudrais exprimer à toute la grande famille acadienne, le salut fraternel et chaleureux de la France.
Comme l’a si bien souligné le très honorable Roméo Leblanc, un grand acadien dont nous pleurons la disparition et qui a été aussi un grand canadien et un grand ami de la France, « l’Acadie est la fille aînée de la France en Amérique ». Nous n’oublierons jamais cette histoire partagée, creuset entre nous d’une profonde communauté de valeurs et de destin. Les acadiens tiennent une place particulière dans le cœur de tous les français et, à travers vous, c’est au peuple acadien dans son ensemble que je veux porter aujourd’hui un message d’amitié, de respect et d’admiration.
Admiration pour votre fidélité farouche à vos racines et à notre langue commune, pour votre courage trempé dans les terribles épreuves de l’histoire, à commencer par celle du Grand Dérangement, pour la façon exemplaire dont vous avez su rester vous-mêmes et préserver votre identité tout en prenant part à l’édification de ce pays continent qu’est le Canada.
Ce lien familial qui nous unit constitue donc un atout naturel pour donner sa pleine portée à l‘amitié profonde qui lie la France et le Canada, à laquelle vous connaissez mon attachement. Il est aussi une composante essentielle de notre communauté francophone. Et s’il est un combat qui nous tient à cœur et que nous menons ensemble, c’est bien celui pour la promotion de la Francophonie. De ce point de vue, le sommet de la Francophonie qui s’est tenu à Québec du 17 au 19 octobre dernier, auquel j’ai été très heureux de participer, aux côtés des premiers ministres du Canada, du Québec et du Nouveau Brunswick, a marqué une étape importante.
Cette Francophonie qui nous est si chère, c’est bien sûr la défense et la promotion de la langue française, cette langue que nous chérissons et qui est notre trésor commun. La Francophonie, c’est aussi une façon de penser, une vision du monde qui promeut la diversité culturelle, une certaine idée de l’humanisme. C’est la défense de valeurs essentielles parmi lesquelles la dignité de la personne humaine, le partage et la solidarité avec les plus démunis, le respect de l’autre et de notre environnement.
Chacun mesure bien que ces valeurs, qui sont au cœur de la Francophonie comme de l’identité acadienne, n’ont jamais été autant d’actualité qu’aujourd’hui face aux effets de la crise économique et aux défis de la mondialisation. Alors sachons les porter ensemble bien au-delà de nos frontières, y compris dans les grandes négociations internationales comme celles du réchauffement climatique.
Sachons démontrer aux yeux de tous que la modernité se conjugue aussi en français, que l’usage du français est une carte pour réussir, que le bilinguisme porté par le Canada et le Nouveau Brunswick est l’un des meilleurs atouts dans la mondialisation. Sachons démontrer que le français n’est pas la langue de la nostalgie, fut-elle brillante et que c’est bien aujourd’hui une clé du succès, un pont vers le monde et une porte vers l’avenir.
C’est bien la conviction que vous adressez au monde, à travers ce congrès et votre voix porte loin, à la mesure de la tradition du « grand tintamarre » qui marque cette journée du 15 août. Je voudrais donc exprimer mes chaleureux remerciements à Monsieur Jean-Guy Rioux, président du Congrès Mondial Acadien et à Madame François Enguehard, présidente de la Société Nationale de l’Acadie, dont l’action exemplaire contribue pour beaucoup à la vitalité nouvelle du mouvement acadien et à sa si grande proximité avec la France.
En ce grand jour de rassemblement de tous les acadiens, je voudrais vous dire combien la France est admirative devant cette renaissance acadienne dont vous êtes tous les artisans. Soyez assurés qu’elle sera à vos côtés sur ce chemin.
Vive l’Acadie ! Vive le Canada ! Vive la France !
Et vive l’amitié indéfectible qui nous unit !
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