| « Un grand bol d'eau tiède » |
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| Samedi, 28 Janvier 2012 08:07 |
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« Un grand bol d’eau tiède » : l’expression est de Jean Luc Mélenchon qui l’avait employée, il y a quelques semaines, pour parler du candidat socialiste à l’élection présidentielle… Elle n’est malheureusement que trop exacte pour qualifier le programme de celui qui se présentait il y a quelques jours comme le « candidat de l’espérance lucide », celui qui voulait « ré-enchanter l’avenir », celui qui faisait « battre plus fort le cœur des martiniquais », comme le déclarait le chanteur du groupe Kassav… Car bien loin des beaux discours, le programme présidentiel socialiste – enfin révélé – n’a rien pour enchanter.
Pour le reste, des propositions comme le relèvement à 45 % de la dernière tranche de l’impôt sur le revenu, le plafonnement des niches fiscales ou leur suppression (celles pour l’investissement Outre Mer sont-elles concernées ?) ou encore l’augmentation du taux de l’Impôt Sur la Fortune ne procureront que des recettes minimes. Ce ne sont que des « effets d’annonce »… Si vraiment Hollande veut financer son programme il devra recourir à des hausses massives qui toucheront non seulement les riches mais l’ensemble des classes moyennes. Voilà donc les grandes réformes proposées pour combattre ce « monstre sans visage » qu’est la « Finance » et que François Hollande a désigné comme son ennemi principal ! Pour moraliser le capitalisme et lutter contre la spéculation, le gouvernement préfère par exemple travailler à l’instauration d’une taxe sur les transactions financières, en concertation avec les autres pays européens. Car une politique fiscale pour être efficace doit être harmonisée avec nos partenaires. Quant aux mesures de justice, il a été aussi capable d’en prendre comme la surtaxe de 3% sur les hauts revenus (décidée lors du dernier plan de rigueur). Rappelons aussi que la taxation des stocks options (qui bénéficiaient d’une fiscalité très « favorable » due à un certain … DSK !) a été largement augmentée dès 2009. François Hollande se présente comme l’homme du redressement économique mais on voit mal comment ses propositions pourront permettre concrètement de lutter contre le chômage ou le déficit du commerce extérieur. Sur ce dernier point par exemple, il faut savoir que c’est le déficit de la balance commerciale, qui est la raison principale ayant conduit l’agence de notation Standard and Poors à enlever son triple A à la France (et à dégrader 9 autres pays européens). Cette baisse de note n’est donc nullement, soit-dit au passage, la « sanction d’une politique » comme le prétend François Hollande. Or quelle est l’une des principales raisons de notre déficit commercial ? Le coût du travail en France qui est plus élevé chez nous que dans de nombreux pays et notamment en Allemagne. Et que propose Hollande ? D’augmenter encore le coût des cotisations sociales (+1% par an) et de supprimer les exonérations de charges sociales dont bénéficient les entreprises (ces exonérations sont elles aussi qualifiées de « cadeaux au patronat »). Il sera là encore intéressant de savoir si nos parlementaires de gauche locaux voteraient ce type de mesure pour la métropole tout en voulant préserver ces exonérations chez nous ? Sur les mesures en faveur de l’Outre Mer, il est possible d’en prendre connaissance en lisant le dossier de l’Echo des Caps de cette semaine. On verra leur peu de consistance en dehors de phrases toutes faites telles que « la jeunesse est ma priorité ». Espérons, au passage que l’hebdomadaire municipal accordera autant de place aux propositions des autres candidats. Si le programme de François Hollande contient de nombreuses propositions démagogiques et pour certaines dangereuses, nous avons aussi découvert que l’homme était capable de tous les renoncements ; lors de l’émission « des paroles et des actes » diffusée le 26 janvier sur France 2 François Hollande a déclaré, lors de son débat avec Alain Juppé que :
Ces « renoncements » de François Hollande appellent plusieurs questions : est-ce un manque de caractère de celui qui prétend être élu président ? Cela signifie-t-il que depuis 5 ans le PS n’a fait qu’entretenir une agitation dans le seul but de déstabiliser le gouvernement alors qu’il était en fait d’accord sur de nombreux points avec sa politique ? Hollande a-t-il un discours à deux vitesses (révolté pour son électorat de gauche, modéré pour celui du centre) ? Et ce programme attrape-tout n’est pas négociable pour les autres formations de gauche. Certes, François Hollande a annoncé qu’il serait prêt à gouverner avec ceux qui se désisteront pour lui au second tour, mais sur son programme. Les électeurs des autres candidats de gauche apprécieront la portée du changement promis. Pour l’ensemble des français le bol d’eau tiède, s’il est avalé, pourrait très bien se transformer en une bonne purge. |